espaces numériques de travail

Cahiers de textes numériques

La circulaire parue en septembre 2010 (2010-136 du 6/9/2010 ; BO n° 32) annonce qu’à compter de la rentrée 2011, le CTN se substitue au cahier de textes papier.

Or, le CTN pose de multiples problèmes ! Il peut devenir le moyen de contrôle constant du travail effectué et de mettre en concurrence les enseignants en établissant des « profils » de bonnes ou mauvaises pratiques.

On imagine très bien la pression qui en résultera, notamment lorsqu’on met le CTN en regard de la nouvelle évaluation des enseignants.

La circulaire invite à rédiger une charte des TICE afin d’organiser les droits des différents utilisateurs ; afin de ne pas laisser les collègues se débattre seuls et localement sur cette question, le SNES propose un modèle de charte afin que l’utilisation du CTN ne nous échappe totalement. La charte devra être adoptée par le CA dans chaque établissement.

Pour l’utilisation du cahier de textes numérique (CTN)

EXEMPLE DE CHARTE UTILISATEURS

- Le CTN est un outil à destination des familles et des élèves de la classe. Seuls les élèves de la classe et leur famille ont accès au CTN de la classe concernée (et uniquement cette classe), voire le cas échéant des disciplines concernées. Par ailleurs, l’accès est verrouillé pour tout usage extérieur.

- Il est de la responsabilité des élèves de noter les devoirs et les leçons dans leur agenda personnel. Le CTN ne constitue donc qu’un recours possible en cas d’absence, par exemple, l’élève a pour devoir de tenir son propre agenda à jour.

- Le professeur renseigne le CTN régulièrement en ce qui concerne les devoirs à faire et les leçons à apprendre, comme il le faisait avec le cahier de textes papier. Il le fait à son rythme, et décide de son contenu (cela relève de la liberté pédagogique de l'enseignant) pour permettre aux familles de suivre la scolarité des élèves qui ne renseigneraient pas sérieusement leur agenda personnel.

- En revanche, le professeur ne renseigne pas le CTN sur le contenu exhaustif de son cours ; il est de la responsabilité de l’élève de suivre et de noter le cours en classe. En cas d’absence, l’élève doit rattraper les cours ; éventuellement, en cas de difficultés, il demandera de l'aide à son professeur.

Par ailleurs, le SNES académique a obtenu des garanties de l’Inspection Pédagogique sur l’utilisation des CTN par les Inspecteurs. Celle-ci ne pourra se faire à distance. Le CTN sera utilisé comme son équivalent papier en cas d’inspection avec consultation sur place par l’IPR.

autres infos sur le site national (nouvelle fenêtre)

FOAD

Chic alors ! Le stage sur les nouveaux programmes d'histoire-géographie de quatrième qui avait été supprimé au troisième trimestre de l'année dernière – plus de crédits pour les frais de transport - aura finalement lieu le 3 novembre (deux mois après la rentrée, quand même...). Nous allons pouvoir échanger entre collègues sur les méthodes à employer pour appliquer au mieux les nouveaux programmes...

J'en salive déjà, même si j'apprends que ce sera une FOAD (formation ouverte à distance), c'est-à-dire un stage en téléconférence. Allez, pas de pessimisme, après tout il faut vivre avec son temps !

Je suis convoqué dans mon établissement à 9h00. J'arrive avec une demi-heure d'avance (au cas où il faudrait entrer des codes compliqués...). On m'a réservé un petit bureau dans le bâtiment de l'administration, rien que pour moi, avec un ordinateur dernier cri, un casque et un micro. Toute l'administration est là pour m'aider à ouvrir la session sur le logiciel Saba Centra. Ça prend vingt minutes, mais tout le monde fait de son mieux et ça finit par fonctionner, le retard étant paraît-il dû à un problème avec JAVA. L'aventure commence.

L'IPR te parle, humble mortel.

Première désillusion, la FOAD n'est pas une téléconférence ! Il n'y a pas de webcam. Nous ne nous voyons pas. Nous ne pouvons qu'écouter la vérité qui descend d'Internet. Quelque part, dans un endroit secret, les IPR parlent. Nous sommes 110 dans toute l'académie à les écouter, religieusement.

Heureusement la FOAD est interactive ! Il y a quatre icônes sur lesquelles nous pouvons cliquer à tout instant : l'icône OUI, l'icône NON, l'icône APPLAUDISSEMENTS et l'icône RIRE ! Il y a aussi une fenêtre de discussion au clavier, mais on ne peut tchater qu'avec les IPR - impossible d'échanger avec les collègues – et les IPR ne répondent qu'à la fin de leurs exposés. On se risque quand même à taper au clavier :

« Bonjour, est-ce que quelqu'un me reçoit ? » « Oui, on vous reçoit. » C'est une émission de radio où on peut envoyer des SMS. Les dieux de la pédagogie s'expriment, les humbles professeurs écoutent.

Je dois rester concentré, je dois rester concentré, je dois...

Il y a beaucoup de choses à dire, les IPR parlent très vite, on ne peut pas prendre de notes. Ce n'est pas grave, la bibliographie et les documents seront disponibles sur Internet. Donc on pourra les imprimer, à nos frais...

La médiologie a théorisé que la moitié des informations qui s'échangent dans une conversation sont non verbales. La présence de l'orateur compte autant que son discours. La FOAD prouve cette théorie empiriquement : rester concentrer trois heures de suite relève de la gageure. De toute façon devenir animateur radio, ça ne s'improvise pas : avoir l'agrégation n'est pas suffisant : il faudrait avoir fait du théâtre, savoir poser sa voix. N'est pas Maurice Schumann qui veut.

Testez FOAD !

Inscrivez-vous à une FOAD. Ça fait réfléchir : la suppression de la formation IUFM pour les stagiaires ne suffisait pas. Pour supprimer vos frais de trajet, la FOAD transforme les stages en émission de radio. A quand les classes FOAD ? Chacun chez soi, le casque sur les oreilles, bavardages impossibles, discipline inutile, économies à tous les étages. FOAD : le nec plus ultra de l'outil pédagogique !

Nicolas MATHIEU - NOVEMBRE 2011