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La dragée de Verdun , célèbre dans le
monde entier, a été inventée en 1220 par un apothicaire de la cité, qui cherchait un
moyen de faciliter la conservation et le transport des amandes qu'il utilisait.
Il eut l'idée de les enrober de
sucre et de miel durcis à la cuisson. La dragée de Verdun venait de naître. Celle-ci
devait vite devenir une friandise, « une épice de bouche », recherchée
notamment pour ses vertus curatives. Bonne pour l'haleine et pour la digestion, elle
était surtout réputée combattre la stérilité, d'où sa présence sur les tables
françaises à chaque événement familial : mariage, baptêmes, communions...
L'histoire
de Verdun n'a pas commencé en 1916, elle plonge ses racines dans les temps les plus
reculés. A toutes les époques, la cité épiscopale fut le centre d'enjeux territoriaux
qui souvent la dépassaient. De nombreux sites témoignent de cette histoire riche et
mouvementée.
Verdun,
2000 ans d'histoire
Si Verdun a acquis une
réputation mondiale au lendemain de la terrible Bataille qui s'est déroulée sur son sol
en 1916, son histoire mouvementée trouve ses origines dans les temps les plus reculés,
à l'âge de la pierre taillée (paléolithique : la présence humaine dans la
région date de 300 à 400 000 ans). Le Musée de la Princerie en a conservé les
vestiges : pointes de flèches et outils de silex. De sa situation sur un éperon
rocheux dominant le fleuve, provient le nom celte de Verdun signifiant la forteresse
(dunum) qui surveille le passage sur une rivière (vir ?). Oppidum celte puis castrum
romain, après l'invasion des Gaules, Verdun sera évangélisée au IVème siècle et
deviendra Evêché.
Ainsi dès ses origines, l'histoire de Verdun se confond avec les grands mouvements de
civilisation européens. C'est d'ailleurs ici en 843 que sera signé le traité qui
dessine les contours de l'Europe moderne. Le traité de Verdun, signé par les petits-fils
de l'empereur Charlemagne, consacre la partition de l'empire en trois états
distincts : la Francie, la Lotharingie et la Germanie. Verdun est d'abord rattachée
à la Lotharingie (d'où la Lorraine tire son nom) puis, et pour 5 siècles, au Saint
Empire Romain Germanique. Toutefois, Verdun, qui jouit d'une grande autonomie, conserve la
langue romane. Au XVIème siècle, le Royaume de France annexe les Trois-Évêchés (Metz,
Toul et Verdun). Henri II entre dans Verdun le 12 juin 1552. Cette situation est
entérinée par les traités de Westphalie en 1648. La vie de la Cité connaîtra encore
bien des épisodes marquants pendant la révolution, quand le gouverneur Beaurepaire
choisira le suicide plutot que la reddition, sous l'empire et durant la guerre de 1870. En
1916, la bataille la plus meurtrière que l'humanité ait connue causera la mort de plus
de 300 000 militaires français et allemands.
Verdun fut donc, de tout temps, une terre à défendre. Les nombreuses fortifications qui
enserrent Verdun témoignent de cette vocation militaire. Attila, Clovis, des rois de
France, des souverains germaniques, firent le siège de Verdun. Mais cette position
stratégique à proximité des frontières, au bord du fleuve Meuse, facilita aussi son
rayonnement commercial et culturel. Au Moyen-Age, les marchands verdunois étaient connus
dans l'Europe entière. Par le port de Verdun transitaient les marchandises entre l'Europe
du Nord et l'Europe du Sud. La vie quotidienne de la cité s'organisait le long des canaux
et autour des marchés. Sa vie spirituelle émanait des communautés religieuses
installées dans la cité de l'Evêque. De nombreux édifices, dont la Cathédrale
millénaire, rappellent cette vie intellectuelle intense. |